23 août 2017

Des groupes de dix: Tungstène est mort et Pluto vieilli (plutôt bien).




Notre petit blog, à la fréquentation non survoltée, s’adresse la plupart du temps à nous-mêmes (i.e. les membres – proches et lointains – de psyjazzpop, et leurs satellites), mais ce qui suit s’adresse à un nombre encore plus restreint de lecteurs (j’en vois plein qui partent….).

Des groupes de dix ?: des anniversaires, plus ou moins marqués. L’année 2017 est importante pour la musique moderne (disons pop et rock) car elle marque les 50ans de l’album Sergent Pepper (le web et la presse spécialisée regorge d’articles) et cet évènement s’accompagne de la sortie d’une version remastérisée du grand album des Beatles, avec des inédits et des prises de studio. Dans un temps plus récent, 2017 marque aussi (surtout) l’anniversaire de deux albums au moins aussi essentiels, à mes oreilles bien sûr, pierres angulaires du son progrock de Radiohead, cher à bon nombre d'entre nous: « In Rainbows », sorti il y a 10 ans (voir l’article dans le blog) et bien évidemment « OK computer », sorti il y a 20 ans, et dont l’anniversaire a été fêté en juin de cette année avec une réédition/coffret somptueux, avec la totale (remasters, vinyls, booklets, etc) mais aussi un CD compagnon (OKNOTOK) avec quelques perles unreleased de l’époque comme les superbes « Man of War » et « I Promise ». Enfin, pour réactiver la nostalgie, des inédits non mixés, des chutes de studio et des maquettes (parfois splendides !) ont été compilées sur … une cassette audio (oui, c’est bien un anniversaire qui nous renvoie il y a 20 ans).


Beaucoup plus loin, moins sexy, avec un succès (un peu) plus mitigé, et surtout à titre personnel, 2017 est aussi un multiple anniversaire pour les amateurs/dilettantes du consortium PSYJAZZPOP (c’est-à-dire très peu de personnes concernées, CF voir en intro…). Le « premier » vrai album de Tungstene (symbole "W" pour les chimistes...), nommé mystérieusement « the PSYJAZZPOP33 » (pour 33% de chaque influence) a en effet été enregistré en aout 1997 et il est « sorti » (disons qu’il a été distribué (sous forme de K7)…) dans la foulée : la magie de l’absence de mixage ! A défaut d’avoir gardé un souvenir marqué et positif de la musique – très hétéroclite – de ces sessions, nous avons gardé son nom pour faire notre nano-label PSYJAZZPOP, qui existe toujours 20ans après. Dire que the PSYJAZZPOP33 est un album est surement exagéré, mais à la différence des sessions précédentes de Tungstene, nous avions à cette occasion, et pour la première fois, un set de « musiciens » presque complet, articulés autour du noyau dur du groupe (Romain, Etienne et Julien), avec l’aide précieuse de Yoann, Bim, Sylvain, Olivier et d’autres gentils intervenants. On entend donc pour la première fois des morceaux avec guitares/claviers/basse/batterie/percus et chant, ce qui n’était pas si simple à notre niveau. De quelques titres qui en valent la peine pour l’archéologie musicale (« Killing the Guru », « Egosystem », etc) nous en avions surtout tiré l’envie de faire mieux et de s’essayer à de vraies séances d’enregistrement, même avec un matériel (et des musiciens) amateur(s). La bonne ambiance de ces sessions, et la prouesse d’un enregistrement 100% analogique (avec des … magnétophones en série !) méritent de s’en souvenir encore un peu, entre les conditions « camping en été » et les soirées « in the cave » des studios Kaysers à la Chapelle. Logiquement, et à partir de 1997, les sessions suivantes de Tungstene ont gagné en qualité (W5 : Funp, première expérience numérique, en 1998 et surtout W6 : Groove End Road, en 2000 et dernier album) et ont donné à certains d’entre nous le gout de continuer à faire de la musique enregistrée en amateurs... 



la pochette originale (en format CD, mais à l'origine, c'était une cassette !) de W4: minimal et patriote.
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PSYJAZZPOP PRODUCTIONS © 1997)

le site internet de Tungstene fonctionne toujours (!):



D’aventures en rencontres, Tungstene a disparu naturellement et Romain et Etienne se sont lancés immédiatement dans l’aventure Pluto avec Christophe (batterie) et Thomas (basse), rencontrés à Paris, et dès 2001 l’activité de ce nouveau groupe fut efficace et joviale, entre concerts et sessions, avec le matériel hérité de Tungstene entre autre. Des 3 premières sessions d’enregistrements (entre la région Centre et Saint Tropez) avec l’aide précieuse de Yoann et Sylvain (comparses « psyjazzpop »), un premier mini album (Aircrash) sort en 2004, mais – surtout – en 2007 (donc il y a 10 ans), notre album rouge est enfin finalisé, après plus de 2 ans de mixage, et « Like a Monkey on a Plane » (LAMOAP pour les intimes) est distribué comme un vrai album (CD et internet). 





la pochette rouge-gluante de Like a Monkey on a Plane (LAMOAP, c'est plus court) avec son blason de singe "pilote de bombardier" (en référence au morceau du même nom). le groupe s'appelle à l'époque "Holy Ambassadors on Pluto" (ou HoAP) avant d'être rebaptisé Pluto Intelligence Agency un an plus tard...
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PSYJAZZPOP PRODUCTIONS © 2007)

certains titres de LAMOAP sont écoutables sur myspace:
https://myspace.com/pluto-intelligence-agency/music/album/like-a-monkey-on-a-plane

de vieilles photos des ces sessions sur FLICKR (attention certains d'entre nous ont perdu leurs cheveux depuis):

 


Certains titres ont eu l’honneur d’être sélectionnés pour passer sur des web-radios, ce qui fut une petite fierté... Comme pour « The PSYJAZZPOP33 » de Tungstene, LAMOAP est particulier à mes oreilles car il y a une vraie différence avant/après dans notre capacité à organiser une session, un mixage, à choisir des maquettes et à travailler sur le packaging. A titre personnel, j’écoute encore avec plaisir certains titres de LAMOAP, comme Outside, Hurt, Vegetable Predator (notre Paranoid Android à nous !) ou Antennapedia, et on décèle souvent, avec logiquement moins de talent et de qualité, l’influence des disques qui nous fortement marqués, comme, entre autres,… « OK Computer »… 

Rendez-vous dans 10ans ?

Etienne – 23 aout 2017

18 mai 2017

Printemps de Bourges 2017 : concert du Vendredi

Le lendemain, direction le théâtre Jacques Coeur, une autre petite salle du Printemps, où sont attendus Warhaus, Aliocha et François & the Atlas Mountains.

J’attendais surtout avec impatience Warhaus, le groupe derrière lequel se cache Marteen Devoldere un des chanteurs de Balthazar dont je suis un grand fan.
Et je n’ai pas été déçu : c’était un concert de grande classe dans une ambiance sombre et décalée, avec beaucoup d’intensité, à l’image de son album «We Fucked A Flame Into Being ».
Sur des chansons sombres aux mélodies entêtantes, Marteen Devoldere pose sa voix grave et traînante, parfaitement contrebalancée par la voix aiguë de la choriste, et vit ses textes tel un poète possédé.
En plus d’utiliser certains instruments à contre-emploi (la trompette notamment), le chanteur a détourné sa basse 4 cordes pour en faire un hybride basse-guitare : 1 corde grave de basse et 3 cordes de guitares électriques. Du plus bel effet sur les quelques morceaux qu’il interprète seul sur scène puisqu’il joue à la fois basse et guitare.



Fin du set de Warhaus et un petit quart d’heure après, c’est au tour d’Aliocha chanteur canadien aux multiples talents de monter sur scène.
Dès les premiers morceaux, on sent beaucoup l’influence de Bob Dylan dans ses chansons : instrumentation folk, intonation nasillarde du chant, et des thèmes abordés plutôt engagés.
En plus d’avoir une belle voix claire et limpide, Aliocha est un excellent guitariste et les structures de ses compositions sont souvent variées.



Place au dernier groupe ensuite, François & the Atlas Mountains, dont j’avais adoré l’album précédent « Piano Ombre » un superbe disque pop avec des paroles en français à la fois poétiques et énigmatiques, pleines de double-sens et de non-sens.
En concert, l’ambiance est plus décalée et surtout plus teintée de World music : sonorités africaines, riffs tribaux, et même quelques pas de danse ! Belle performance à la fois visuelle et sonore récompensée par une longue standing ovation.


Allez pour le plaisir et pour leurs 2 millions de vues :

 

Printemps de Bourges 2017 : concert du Jeudi


Cette année, une très belle affiche au 22 d’Auron, la plus petite salle du festival, avec en tête d’affiche 3 groupes qui passent régulièrement sur les grandes radios nationales : Agar Agar, Her et Paradis.

C’est une soirée un peu fourre-tout puisqu’il y a au programme des groupes de Hip-Hop, d’électro, de soul et de funk ! 6 groupes au total, répartis sur 2 salles (le 22Est et le 22Ouest), qui s’enchaînent sans temps mort.

Il y a beaucoup de monde ce soir, de quoi remplir entièrement une salle, en grande partie une deuxième et l’espace-bar entre les deux !



Le premier artiste programmé est Coely, une chanteuse belge de hip-hop (style Black Eyed Peas). Elle est accompagnée par un DJ et ponctuellement par un rappeur et un autre chanteur.

Alors que je commençais à souffler en me disant que la soirée ne commençait pas très bien (car c’est pas du tout le style de musique que je vais écouter d’habitude), ça a été finalement une bonne surprise : le groupe est très pro à l’image de l’enchaînement impeccable des chansons, et surtout les chansons sont assez sympas et les sons intéressants et en osmose avec le chant.



Direction le 22Ouest avec Parcels, un groupe australien de disco-funk.

Sur scène, la formation est assez classique : basse, batterie, guitare, 2 synthés mais ça bouge pas mal, les musiciens abandonnent souvent leur instrument pour prendre des percus, le joueur de synthé danse tout en plaquant ses accords.

Dans la salle, le public se trémousse il faut dire que le groupe met de l’ambiance : c’est dansant, c’est carré, super décontracté et le groupe fait régulièrement de belles vocalises à 4 voix.

Un vrai régal !





On enchaîne avec Tommy Genesis, chanteuse canadienne de hip-hop. L’ambiance est radicalement différente de celle de Coely. Beaucoup plus sombre, plus difficile d’accès, plus amateur aussi, la chanteuse joue beaucoup sur le décalage entre ses paroles (crues) et son apparence physique (teenager américaine proprette). J’ai pas accroché plus que ça mais elle a un univers bien à elle.



Retour au 22Ouest avec Her, groupe français créé par 2 membres fondateurs du groupe The Popopopops. Ne connaissant que leur chanson « Five minutes », je m’attendais à un concert dans un style pop-électro… A tort car on est plutôt dans de la soul-pop. Et même franchement soul sur certaines chansons acoustiques.

Sur scène, c’est le classique basse-batterie-guitare-synthé.

Le chanteur a assurément une belle voix, le groupe une grande expérience et les effets sur les guitares sont très réussis (comme sur « Five minutes »). Mais autant j’ai beaucoup apprécié leurs morceaux pop, autant je n’ai pas été emballé par les morceaux 100 % soul.






Changement de salle direction le 22Est pour aller écouter Agar Agar. Et sur le chemin je tombe sur Olivier Marguerit, le chanteur de O ! Quelle bonne surprise ! Je profite des quelques secondes où il ne discute plus avec ses amis pour faire mon fan de base et lui dire que j’ai adoré son album « Un torrent, la boue ». S’ensuit un bref échange de banalités (pas aidé par Agar Agar qui commence à jouer) mais voilà malgré tout de quoi rendre cette soirée encore plus inoubliable.



Et c’est parti pour Agar Agar. Deux musiciens seulement sur scène, un homme et une femme, tous les deux équipés de PC et de synthés. Le set est entièrement électro, limite techno parfois. En plus de la partie instruments, la jeune femme est au chant. La voix, avec beaucoup de reverb, est un peu en retrait dans le mix et les mélodies ne sont pas très marquantes. Mais la partie musicale compense largement : le groupe envoie du beau son, et fait durer des parties instrumentales autour de boucles quasi hypnotiques. On se sent littéralement transporté.





Changement d’ambiance avec Paradis, dernier groupe de la soirée. Le groupe de pop-électro est composé de batterie, guitare et synthé (la basse étant assurée au synthé). Le set est franchement gâché par un volume et une balance assez désagréables (trop d’aigus, trop forts). Sous de beaux jeux de lumière, Paradis enchaîne les chansons qui l’ont fait connaître (La ballade de Jim, Toi et moi, Recto verso) mais l’ensemble est un peu répétitif : très peu de rupture de rythme, des arpèges de synthé en continu et une voix monocorde. Une musique soignée mais un peu froide.