4 mars 2016

O « Un torrent la boue » : enfin des nouvelles d’une partie de Syd matters



En cherchant sur internet les dernières sorties d’album, je suis tombé sur la pochette de « Un torrent, la boue » de O. En regardant de plus près la tête du chanteur, je me suis dit qu’elle me rappelait celle du guitariste-choriste-multi-instrumentiste-charismatique qui accompagnait Syd matters sur scène il y a quelques années.





Et bingo, c’est bien lui. « O », de son vrai nom Olivier Marguerit, vient de sortir un album et c’est un vrai régal.

Pop sophistiquée, loin des classiques couplet/refrain, on ne s’ennuie pas une seconde tant l’album fourmille d’idées dans les structures, les arrangements, les bruitages, la manière de chanter et les paroles. Des paroles en majorité en français portées par une voix aigue, volontairement fragile, qui nécessite quelques écoutes avant de l’apprécier vraiment.

Musicalement on est assez loin de l'ambiance folk mélancolique de Syd matters, même si on y retrouve, au détour d'un solo ou d'un refrain, quelques plans qu'on a pu entendre sur les albums du groupe. L'ambiance y est plus délirante, les synthés omniprésents.

Du très sobre « Plonge dans l’eau » au déjanté « Répéter/Disparaître » en passant par « Bébi » et ses incroyables chœurs, l’album finit en apothéose avec « Un torrent la boue » (et son instrumental qu’on dirait tiré du dernier Tame Impala) puis sur les gémissements féminins gainsbouriens de « A kiss ».


Les teasers pour la sortie de l'album :



Avec Get Well Soon, all you need is love






Voix de crooner, petites sections de cuivres ou de cordes, on se croirait parfois dans un album de The Divine Comedy.

A la lecture des titres des morceaux (« It’s a tender maze », « It’s an airlift » ; « It’s a catalogue »), on comprend que « Love » est un album concept sur les différentes formes de l’amour. Vaste programme…

Mais c’est réussi : dans une ambiance apaisée, le chanteur-compositeur pose sa belle voix grave et détachée sur des morceaux pop symphoniques impeccables. Les morceaux « It’s a catalogue » et « It’s a mess » sortent à ce titre du lot avec leur chant aigu (sur des faux airs de chant lyrique).

Un album au premier abord assez classique mais qui est plus complexe qu'il n'y paraît, à l’image des excellentes chansons « Eulogy » et « It's a tender maze ».


Le clip, un peu glauque, de "It's love" :


22 janv. 2016

Crititque du deuxième album de Half Moon Run : "Sun leads me on"




L’album « Sun leads me on » du groupe canadien Half Moon run, sorti en fin d’année 2015, est une excellente surprise.

On pense à Simon & Garfunkel pour les arpèges et les harmonies vocales, à Muse pour certains effets de voix (la fin de « Consider yourself »), à Radiohead pour les choeurs remplis de réverb et les sonorités des guitares (« Turn your love »), à Coldplay pour une manière de chanter assez proche de ce qu’on pouvait entendre dans les premiers albums du groupe (« Hands in the garden »).

Un beau mélange donc, servi par un chanteur impeccable, très à l’aise en voix de tête.

Un album mélodique et cohérent mis à part les derniers morceaux qui semblent avoir été relégués à la fin parce qu’ils sortaient trop du lot : un court instrumental au piano, un intermède country chanté avec une voix nasillarde, et un tube électro-disco taillé pour la radio (« Trust »).

Un groupe à suivre sans aucun doute.