1 avr. 2025

Du rock, de la pop et de l'électro avec The Murder Capital, Horsegirl, François & The Atlas Moutains et Maribou State

François & The Atlas Mountains - "Age Fleuve"

En activité depuis vingt ans, François & The Atlas Mountains fait partie de ces groupes ardents défenseurs d'une pop française de qualité.
Sur "Age Fleuve", de sa voix aiguë, le chanteur François Marry, marqué par le récent décès de son père, nous conte le temps qui passe à travers des chansons douces et aériennes. Sans tristesse ni mélancolie, les paroles traduisent sa volonté de profiter du moment présent ("Adorer") et de ses proches ("Le Fil"). Les arrangements, variés et originaux, mettent idéalement en valeur leurs textes. Qui a dit qu'on ne pouvait pas faire de la bonne pop en France !

 

The Murder Capital - "Blindness"

Le mouvement post-punk a toujours le vent en poupe, séduisant un auditoire toujours plus large amoureux de rock brut et de paroles socialement engagées. Dans ce monde tempétueux, les groupes irlandais font figure de locomotive avec notamment Fontaines D.C. (leur album Romance a mis la barre très haute) et The Murder Capital donc.
Dans "Blindness", The Murder Capital fait rugir les guitares électriques ("Moonshot", "Can't Pretend to Know") mais s'offre quelques incursions plus pop (les très efficaces "Words Lost Meaning" et "A Distant Life") et décoche des morceaux plus langoureux comme les émouvants "Love of Country" et "Swallow".
Un album post-punk qui sait sortir des sentiers battus.

 

Horsegirl - "Phonetics On and On"

Le trio féminin Horsegirl fait son grand retour en ce début d'année. Si le premier disque des américaines était rock et riche en distorsion, ce second opus est sans chichi et sans effet. Des guitares au son brut, des morceaux (faussement) épurés, des voix un peu vaporeuses et des choeurs remplis de shabadada et de youhou...
Si, au premier abord, l'album surprend, on est très vite séduit par la légèreté et la bonne humeur du concept avec en particulier d'excellents titres comme "Switch Over", "Where'd You Go?" ou "Julie".

 

Maribou State - "Hallucinating Love"

Petite incursion électro ce mois-ci grâce au nouveau disque de Maribou State, "Hallucinating Love". Derrière un aspect assez classique dans ces arrangements (synthés, guitares, basse, drums), le duo britannique propose un album positif et groovant grâce à des guitares funky et des collaborations vocales éclectiques ("Otherside", "II Remember"). Sans chercher à être transcendant, "Hallucinating Love" est le disque idéal pour des soirées électro-smooth.



 

27 févr. 2025

Des anciens avec Kim Deal et Franz Ferdinand mais aussi du sang neuf

Kim Deal - "Nobody Loves You More"


A 63 ans, la chanteuse des légendaires groupes Pixies et Breeders sort son premier album solo "Nobody Loves You More".
Si l'esprit rock indé est toujours intact, les morceaux sont plus apaisés et agrémentés de cordes ( "Nobody Loves You More", "Are You Mine? ) ou de cuivres ("Coast").
Quelques morceaux plus relevés viennent néanmoins bousculer cette quiétude comme "Crystal Breath", superbe morceau rock et électro, "Disobedience" ou "Big Ben Beat", histoire de bien nous montrer d'où elle vient.


Franz Ferdinand - "The Human Fear"

20 ans après leur premier disque, les inusables britaniques de Franz Ferdinand sont toujours verts. Des chansons euphoriques, des mélodies accrocheuses, des morceaux construits autour de riffs de guitares efficaces, voilà un album qui redonne le sourire.
Autour d'arrangements pop-rock plutôt classiques, guitare batterie basse synthés piano, les hits se succèdent ("Audacious", "Everydaydreamer", " "Night or Day" emmené par un piano claquant) entrecoupés de morceaux plus atypiques comme un "Hooked" très synthétique, et le folklorique "Black Eyelashes" qui vient nous rappeler les origines grecques de la famille du chanteur Alexander Kapranos.
Un album fun du début à la fin. 

 

Kit Sebastian - "New Internationale"

Kit Sebastian est un duo franco-turc qui vit en Angleterre. Voilà sans doute pourquoi leur album "New Internationale" est une véritable invitation au voyage où se mêlent de nombreuses influences du monde entier, qui puise aussi bien dans les musiques européennes qu'orientales.
Il s'en dégage une sensation de rock psychédélique décalé où la complémentarité des deux voix, masculine (grave et atone) et féminine (douce et aérienne), fait mouche ("Camouflage").
C'est frais, dépaysant, on navigue dans un univers qui semble sans règle et sans limite.


 

29 janv. 2025

The Cure, Kiwanuka, Warhaus, on démarre 2025 sous les meilleurs auspices

Michael Kiwanuka - "Small Changes"

Sorti en 2024, le nouvel album du chanteur britannique Michael Kiwanuka, "Small Changes", a été acclamé par les critiques. Et il y a de quoi !
Avec son songwriting folk et soul, le disque est une véritable plongée dans des sonorités 70's douces et chaleureuses. La voix chaude à la Otis Redding de Michael Kiwanuka nous accompagne le long de magnifiques morceaux rétro et réconfortants comme "Floating Parade", "Small Changes" ou le diptyque "Lowdown" dans lequel percent des sonorités de guitares Floydiennes. Un vrai bijou ! 


Warhaus - "Karaoke Moon"

On le sait car on le suit de près, Maarten Devoldere, un des chanteurs du groupe Balthazar, mène en parallèle une carrière solo sous le pseudonyme de Warhaus.
Et c'est toujours un plaisir de retrouver la voix de crooner et les arrangements classieux de l'artiste belge. Mais ce qui frappe à l'écoute de "Karaoke Moon" c'est la qualité des paroles. Basés sur un recueil de ses rêves, les textes de Warhaus sont plus que jamais riches et étranges ("The Winning Numbers") même si le thème de l'amour et de la séparation est bien évidemment toujours présent.
Après une première vidéo qui reprenait la scène culte de la bougie tirée du film "Nostalghia" d'Andreï Tarkovski pour illustrer la chanson "Where The Names Are Real", c'est l'excellent single "No Surprise" qui est lancé en ce début d'année pour faire la promotion de cet (encore une fois) excellent disque de Warhaus.


The Cure - "Songs of a Lost World"

C'est le retour au top qu'on n'attendait pas. 2024 aura vu le retour de la bande de Robert Smith tout en haut des classements. Plus de 40 ans de carrière, et aucun album depuis 15 ans, et pourtant les anglais de The Cure sont revenus plus inspirés que jamais. Avec ses guitares tranchantes, ses longues pièces prog-rock, ses paroles mélancoliques, l'album "Songs of a Lost World" est porté par un élan émotionnel indéniable ("And Nothing is Forever", "A Fragile Thing"). Comme quoi les mastodontes du rock ne sont pas seulement là pour faire de la figuration mais ont toujours quelque chose de neuf à offrir.